Une fois de plus, le concert I Muvrini au stade Campitellu à Olmeto-Plage était sublime, avec des jeux de lumières grandioses. Accompagnés de leurs musiciens, de Laurence et son violon, Jean-François et Alain Bernardini ont présenté leurs compositions, avec toujours à l’honneur la Corse mais aussi des chansons de leur nouvel album qui sortira à la fin de l’année. Ils ont également chanté leur nouvelle chanson intitulée A Canzona di u Rizzanese pour le soutien contre la construction d’un barrage dans le Rizzanese
Le concert était tout simplement, comme d’habitude, de qualité et d’une grande beauté.
 
 
Cette année, pour accompagner ma page séjour Corse 2009, je vais vous faire écouter une autre très belle chanson
«AMORI» de l’album NOI… (1993). C’est un des titres qui fait parti de ma discographie I Muvrini.

 

 
AMORI
 
AMOURS
 
 
Aghju in core cum'è una casuccia
Quandu l'ora ti ci purtarà
Ci aghju sì cum'è una lumeruccia
È s'è nimu ti pò cunsulà
Aghju in core una carezza in più
Pè i ghjorni ch'è tù pienghji tù



J
'ai dans mon cœur une maisonnette
Qui attend l'heure où tu viendras
Une petite lumière toute prête
Si les autres ne te consolent pas
J'ai en plus une caresse
Sur les jours de ta tristesse


 
 
 
 
Aghju in core nantu à l'altru latu
U curagiu chì mi mancarà
U to nome chì ci s'hè calatu
D'altri sogni pè ricumincià
Aghju in core una sperenza in più
Pè i passi ch'è tù cerchi tù

J'ai au cœur de l'autre côté
Du courage s'il vient à manquer
Ton nom qui s'y est gravé
D'autres rêves pour recommencer
J'ai aussi un autre espoir
Sur les pas de ton histoire


 
 
 
 
Aghju in core cum'è un paisucciu
S'è tù voli puderemu andà
Nantu à l'onde cum'è un battellucciu
S'è tù credi d'ùn pudecci stà
Aghju in core una canzona in più
Pè quand'è tù ghjunghjerai tù


J'ai dans mon cœur
comme un village
Où nous irons si tu le veux
Ou bien nous voguerons tous deux
Si tu préfères le voyage
J'ai en plus une chanson
Pour t'accueillir en ma maison


 
 
 
 
Sò sicuru ch'ellu ùn bastarà
Pè l'amore ch'è tù mi voli dà
Sò sicuru ch'ellu ùn bastarà
Pè l'amore ch'è tù mi voli dà
Aghju in core una canzona in più
Pè quand'è tù ghjunghjerai tù


Je suis sûr que cela ne suffira
Pour l'amour que tu me donneras
Je suis sûr que cela ne suffira
Pour l'amour que tu me donneras
J'ai en plus une chanson
Pour t'accueillir en ma maison


 
 
 
 
Aghju in core d'altri lindumani
È issa voce chì m'aiuta à dì
A memoria di i paisani
Cum'è un libru chì ghjè scrittu quì
Aghju in core una risposta in più
Pè i ghjorni ch’è tù ùn poi tù
È issu cantu chì ùn ne pò finì
Pè l'amore ch'è tù mi voli dì
È issu cantu chì ùn ne pò finì
Pè l'amore ch'è tù mi voli dì …



J'ai au cœur d'autres lendemains
Cette voix qui m'aide à te dire
La mémoire de tous les miens
Comme un livre à mes souvenirs
J'ai au cœur une réponse en plus
Pour les jours où tu ne sais plus





 



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Dans la main de la terre – Texte de G.F. Bernardini

Il y avait peut-être cent ans qu’elle était là, ou peut-être juste un instant. Le vent de la nuit lui caressait le visage et je ne saurais vous dire où était son pays, où était sa maison, si elle était femme de marin, de paysan, d’exilé ou d’émigrant, si elle avait franchi la mer, une montagne ou l’océan. La terre semblait être derrière elle ; en la voyant marcher on pouvait imaginer qu’elle la portait toute seule sur ses épaules. Allez donc savoir ce qu’elle s’en allait chercher, ce qu’elle aurait aimé entendre cette nuit-là. La nuit, les regards des hommes s’éteignent un peu, on dit que la lumière est à l’intérieur, dans un village, au fond d’un port, en haut d’une montagne, un phare dans l’océan ou bien une étoile dans le ciel. À chaque chant qui résonnait elle accordait son âme, elle accordait ses pas. Elle disait qu’elle voulait apprendre le chemin jusqu’aux plus beaux signaux du monde, jusqu’à la beauté qui unit les hommes et les peuples. Son rêve, elle l’écrivait de quatre mots : l’unité qui rassemble, la diversité qui enrichit. Dans chaque chant du monde elle voulait graver une alliance, une reconnaissance, dans chaque langue elle voulait apprendre la part d’altérité, d’intelligence et d’humanité. Elle disait que c’était cela la plus belle promesse d’avenir, de paix, de richesse du monde. Un jour le poète a écrit pour elle « l’homme n’est ni grand ni petit, il a la taille de ce qu’il sait aimer et respecter ». Elle, elle répondait que toute la vie il fallait apprendre à être l’invité de l’autre, l’invité du monde, que c’était cela l’hospitalité. Il y a peut-être cent ans qu’elle marchait ainsi, ou peut-être un instant, c’était cela sa fidélité. Le chant d’amour qui fait pleurer les yeux d’un peuple ne peut à tout jamais laisser indifférent l’âme du monde, c’était cela sa paix. Ce soir, entre la mer et l’océan il y a peut-être quelques lumières de plus dans la main de la Terre, là où rien n’est séparé, là où s’additionnent et se reconnaissent toutes dignités du monde, là où des enfants de Bretagne ont écrit un jour « tous ces pays dispersés par le vent, les champs de blé dans la poche des paysans, et l’océan qui n’a plus pour frontière que la graine emportée par une main d’enfant ». Ce soir... ce soir le pain sera blanc à la table d’hôte ; passant, demeure ici pour le partager. Il y a peut-être cent ans qu’elle marchait ainsi ou peut-être un instant ; elle disait que cette beauté-là est invincible, elle disait que cette beauté-là est invincible.

 
Association pour une Fondation de Corse
Site Officiel du groupe I MUVRINI